Confinement : semaine 3

, par  Sandrine , popularité : 1%

Alors, comment ça se passe chez vous ? On se repose ? On bouquine ? On jardine ? On cuisine ? On révise ?
Chez nous on commence tout juste à trouver un rythme !

Au début on était tous un peu excités, la nouveauté, l’inconnu, et en plus avec un grand soleil ! Batailles d’eau, on plante des arbres, on prépare notre quartier d’été aux p’tits oignons : plantes vertes, hamac, on prépare la terre pour accueillir les plants de tomates, on nettoie la terrasse et tond le jardin pour avoir le plaisir de voir l’herbe pousser et pour courir dedans pieds nus ...

Les premiers jours on se couchait un peu tard, on goûtait cette liberté sous haute surveillance avec des yeux d’enfants.
Ce qui nous a demandé le plus d’énergie c’est le travail scolaire. Je suis passée personnellement par des phases d’agacement extrêmes avec mes deux filles, par des phases de lassitude, de renoncement, et tout ceci m’a parfois renvoyé une mauvaise image de moi-même (comment ça ? Je ne sais même plus faire une fraction simple ? les décimales, ah mince j’ai oublié... et pourquoi je m’agace si vite avec mes filles quand elles se tapent dessus en vociférant ?)...

Les autres points importants à négocier sont les écrans et temps de connexions, (ça aussi ça peut vite devenir pénible et envahissant), mais aussi le ménage, les temps collectifs, les temps libres, les heures de coucher...

Il a fallu trouver rapidement un rythme qui conviennent à tous car nous nous sommes constitués pour cette étonnante occasion (LE CONFINEMENT), en famille recomposée ! Ça a été un peu rapide et brutal, mais nous voilà donc réunis sous un même toit : 2 morceaux de familles aux habitudes, aux codes et aux rythmes bien différents. Pour l’un c’est la vie citadine avec deux garçons dans un petit appart, pour l’autre c’est la vie dans les monts d’Arrée dans une grande et vieille maison colorée avec deux filles.

On tâtonne, on essaye, on avance à l’aveuglette, on réajuste, on fait marche arrière... Puis on reprend la danse, tous ensemble comme une gavotte, ou 2 par 2 comme une scottish, ou seuls comme des cavaliers solitaires...
On a même pensé à décomposer cette belle recomposition mais ça aurait été trop facile, n’est-ce pas ?

Pas avec ça quand même !

La clé de tout, c’est le dialogue, la discussion, la parole ! Chacun doit pouvoir dire ce qui lui convient mais surtout, ce qui ne lui convient pas, afin d’éviter l’asphyxie ou l’explosion. Chacun doit pouvoir s’y retrouver.
Et puis nous sommes vite arrivés à la conclusion que pour le bien de tous, il faut favoriser un maximum L’AUTONOMIE des enfants. Il est vital qu’ils puissent se débrouiller un peu seul, d’abord pour eux-mêmes, ensuite pour éviter d’étouffer et d’épuiser les parents.
Chacun des parents doit aussi avoir des moments rien que pour lui, c’est très important.
Au début de cette troisième semaine de confinement, comme un oisillon qui vient de quitter le nid, ou comme un avion qui vient de décoller, notre vol commence à se stabiliser, et ça fait du bien !

Écouter :

Et vous ? Et toi ? Comment ça se passe ?